Soutenances 2026

Les soutenances en 2026

Soutenances de thèses ou HDR réalisées en 2026

Novembre 2026

  • Le 03 novembre à 14h amphi recherche aux Cézeaux, INRAE Clermon-Ferrand, Elisabeth Ilinca soutiendra ses travaux de thèse portant sur :
    Caractérisation et modélisation de la variabilité inter et intraspécifique de la résistance aux sécheresses caniculaires chez les pins.

Résumé :

L’intensification et l’augmentation de la fréquence des sécheresses menacent la persistance des forêts. Il en découle un besoin urgent d’identifier les espèces et populations d’arbres capables de résister aux conditions climatiques futures. Cependant, la résistance à la sécheresse est une propriété complexe résultant de l’interaction de multiples traits physiologiques. Cette thèse a étudié la variabilité de la résistance à la sécheresse à différents niveaux biologiques, ainsi que celle des traits physiologiques dont elle découle. La résistance à la sécheresse a été définie ici comme le temps  jusqu’à la défaillance hydraulique (THF), une sortie du modèle hydraulique mécaniste SurEau utilisé tout au long de cette thèse. Le THF a ainsi déterminé la définition de la résistance à la  sécheresse adoptée dans ce travail, en intégrant plusieurs traits impliqués dans le fonctionnement hydraulique de l’arbre entier. La variabilité interspécifique de la physiologie des arbres observée chez sept espèces de Pinus plantées dans un jardin commun ne s’est pas traduite par des différences significatives de résistance à la sécheresse, ce qui suggère que la variabilité intraspécifique des traits sous-jacents à cette résistance pourrait en partie masquer les différences interspécifiques. En revanche, des différences significatives de THF ont été mesurées entre les provenances de P. taeda, les provenances à l’est de la vallée du Mississippi présentant une résistance plus faible que les provenances à l’ouest, malgré des climats d’origine plus secs. Des différences de THF ont également été observées entre des arbres issus des mêmes provenances mais plantés dans des sites différents, soulignant la dépendance aux conditions environnementales des traits contribuant à la résistance à la sécheresse. À travers les différents niveaux biologiques étudiés, le climat d’origine ne constituait donc pas un prédicteur constant de la résistance à la sécheresse. La vulnérabilité du xylème à l’embolie, malgré son utilisation répandue comme indicateur de la résistance à la sécheresse, n’expliquait qu’une part relativement faible de la variation du THF. À l’inverse, la conductance résiduelle (perte d'eau résiduelle des rameaux après fermeture des stomates, gres) est apparue comme l’un des traits les plus influents aux trois niveaux biologiques étudiés, tout en présentant une variabilité d’origine à la fois génétique et environnementale. Comme gres peut également varier temporellement et spatialement au cours de la vie d’un arbre, des mesures représentatives et standardisées sont nécessaires afin de caractériser correctement la résistance à la sécheresse qui en résulte. 
Ainsi, la résistance à la sécheresse reflète la complexité du fonctionnement hydraulique de l’arbre entier et ne peut être déduite de traits isolés, ce qui soutient l’utilisation d’approches intégratives pour son évaluation. Cependant, extrapoler la résistance à la sécheresse entre différents environnements reste difficile, car les traits dont elle dépend peuvent eux-mêmes varier. Prendre en compte cette variabilité, en particulier à des niveaux inférieurs à celui de l’espèce, sera essentiel pour améliorer les prédictions de la résistance des arbres à la sécheresse et orienter la sélection du matériel végétal destiné aux forêts confrontées aux climats futurs.

Cette thèse est sous l'encadrement d'Hervé Cochard, William M. Hammond et Marylou Mantova.

  • Le 06 novembre 2026 à 10h00 à l'ENSAM de Cluny Arts et Métiers, Delin SOH MBOU soutiendra ses travaux de thèse portant sur :
    Caractérisation et modélisation du comportement mécanique de bois feuillus secondaires pour leur valorisation en bois de structure et produits techniques

Possibilité de suivre en visio via Teams par ce lien

  • Le 06 novembre à 10h sur le centre INRAE de Nogeant sur Vernisson, Julia ERBRECH soutiendra ses travaux de thèse portant sur :
    La régénération du chêne sessile dans un contexte de conversion vers une futaie irrégulière

Résumé :

La conversion des peuplements réguliers vers une sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC) repose en partie sur le développement d’une régénération naturelle sous couvert. Chez le chêne sessile (Quercus petraea (Matt.) Liebl.), la lumière constitue un facteur déterminant, mais les interventions sur le couvert modifient simultanément le microclimat, la végétation du sous-bois et les interactions avec les herbivores. Cette thèse visait à comprendre comment ces facteurs agissent conjointement sur le développement en hauteur du chêne sessile dans un contexte de conversion vers une structure irrégulière. À partir d’une revue de la littérature et de deux dispositifs expérimentaux (OPTMix et Renouv), la pertinence de la notion de trouée pour caractériser l’environnement des plants et semis naturels a d’abord été évaluée. Les analyses ont ensuite porté sur la croissance en hauteur, l’abroutissement et les descentes de cime en fonction des conditions abiotiques (lumière, température, …) et interactions biotiques (végétation, pression d’herbivorie, …). Les résultats montrent que la trouée constitue un levier sylvicole pertinent, mais que ses caractéristiques (taille, forme, …) ne suffisent pas à décrire les conditions rencontrées par la régénération. Une augmentation de la lumière est globalement associée à une meilleure croissance en hauteur, mais ses bénéfices peuvent être atténués en conditions de sécheresse et de températures élevées. La végétation présente des effets contrastés : son recouvrement est associé à une augmentation de la croissance, mais aussi de la probabilité de descente de cime, et peut modifier l’exposition à l’abroutissement. L’effet de ce dernier sur la croissance dépend également du contexte et des capacités de compensation des semis. Enfin, ces processus s’expriment à différentes échelles spatiales, du voisinage immédiat (0.03m²) pour les descentes de cime à celle de la trouée pour l’abroutissement, avec une échelle intermédiaire (1m²) pour la croissance. Le développement de la régénération du chêne sessile ne peut donc être réduit à un facteur unique ni à une configuration de trouée universelle. En SMCC, ces résultats invitent à raisonner les interventions à partir des conditions créées par l’ouverture du couvert et de leur évolution dans le temps, dans une perspective de gestion adaptative et dépendante du contexte.

Avril 2026

  • Le 08 avril à 14h dans l'amphithéâtre Philippe Séguin à l'ENSTIB, Marie-Christine Trouy-Jacquemet soutiendra son HDR portant sur les travaux :
    Approches multiples et interconnectées de l’anatomie du bois, tissu végétal multifonctionnel dans l’arbre et matériau d’ingénierie d’avenir"

Résumé :

L’étude de l’anatomie du bois, autrement dit de sa structure cellulaire, est essentielle à la fois à la compréhension de la physiologie de l’arbre, notamment dans un contexte de changements climatiques, et à celle des propriétés du bois en tant que matériau d’ingénierie. J’ai voulu montrer la diversité des approches et l’étendue des applications de cette discipline dans laquelle mon travail s’inscrit. Je me suis positionnée dès le début de ma carrière sur des thématiques singulières, l’étude du bois patrimonial et l’anatomie systématique des bois, qui peut être considérée comme une discipline rare. En actualisant et en enrichissant les données sur les bois des forêts françaises, j’espère participer à la sauvegarde de cette discipline tout en proposant des outils opérationnels d’identification multi-échelle, et des ressources pédagogiques et documentaires largement diffusées. Je poursuis l’étude systématique et exhaustive de certaines caractéristiques à l’échelle pariétale, en raison de leur importance physiologique et de leur utilité pour l’expertise micrographique des bois. Par la suite, je souhaiterais me consacrer à l’étude de l’anatomie des écorces, encore peu étudiées et dont la valorisation industrielle est une préoccupation majeure de la filière forêt-bois.

Composition du jury :

Rapporteurs
Dr. Bruno CLAIR, Directeur de recherche CNRS, UMR LMGC (Laboratoire de Mécanique et Génie Civil), Montpellier
Pr. Margareta TENGBERG, UMR AASPE (Archéozoologie, Archéobotanique : Sociétés, Pratiques et Environnement), Museum National d'Histoire Naturelle, Paris
Dr. Isabelle THERY-PARISOT, Directrice de recherche CNRS, UMR CEPAM (Cultures et Environnements : Préhistoire, Antiquité, Moyen-Age), Nice.

Examinateurs
Dr. Meriem FOURNIER, Directrice de l’UMR Silva, Nancy.
Pr. Yann ROGAUME, Directeur du LERMAB (Laboratoire d’Études et de Recherche sur le Matériau Bois), Epinal.

Mars 2026

  • le 18 mars 2026 à 14h dans l’Amphithéâtre Bienvenüe – Bâtiment Bienvenüe, 12 boulevard Copernic, 77420 Champs-sur-Marne, Luoyi Yan soutiendra ses travaux de thèse portant sur :
    Transport multiphasique de l’eau dans le bois et les réseaux fibreux : investigation expérimentale et modélisation

Résumé:

Les interactions entre l’eau et le bois jouent un rôle fondamental à la fois dans la vie des plantes et lors de l’utilisation des matériaux à base de bois. Cependant, en raison de la structure hiérarchique naturelle du bois, ces interactions mettent a priori en jeu des processus multiphasiques et multi-échelles complexes. En outre, le bois peut absorber une fraction significative d’eau sous forme d’eau liée, qui prend la forme d’inclusions nanométriques entre les microfibrilles de cellulose à l’intérieur même des parois cellulaires solides. Les approches standard pour étudier l’imbibition par de l’eau liquide ou la perméation de vapeur dans le bois négligent généralement le rôle de cette eau liée. Cette thèse s’appuie sur la relaxométrie RMN, qui permet de distinguer les différentes phases de l’eau et leurs échanges éventuels au cours du temps, fournissant ainsi des informations clé pour comprendre ces interactions.

Nos résultats montrent d’abord que l’eau liée peut diffuser rapidement tout en restant à l’intérieur de la phase solide du bois. Ainsi, en remplissant les pores du bois avec de l’huile, les coefficients de diffusion intrinsèques ont été déterminés, en fonction de la température, pour différentes essences de bois et différentes directions. Nous montrons ensuite que le transport de l’eau liée joue un rôle majeur dans l’interaction entre l’eau et le bois. En particulier, contrairement à l’idée communément admise, l’imbibition de l’eau liquide dans le bois n’est pas principalement liée à des effets capillaires ; au contraire, les pores se remplissent successivement et par tailles croissantes, uniquement lorsque l’eau liée a suffisamment diffusé dans la phase solide. Enfin, connaissant la diffusivité de l’eau liée dans la phase solide, il est possible de prédire théoriquement la perméabilité à la vapeur du système en prenant en compte sa structure poreuse, sans aucun paramètre de calage. Ce modèle, qui s’avère en très bon accord avec nos données expérimentales pour plusieurs types de bois dans les différentes directions, montre que la perméabilité à la vapeur résulte du couplage entre diffusion d’eau liée dans la phase solide et diffusion de vapeur dans les inclusions.

Composition du jury :
M. Emil Engelund THYBRING University of Copenhagen Rapporteur
M. Lydéric BOCQUET ENS Paris Examinateur
M. Benjamin DOLLET LIPhy, Grenoble Rapporteur
M. Hervé COCHARD INRAE Clermont-Ferrand Examinateur
Mme Rahima SIDIBOULENOUAR Laboratoire Navier Examinatrice
Mme Elisa JULIEN Saint-Gobain Research Paris Examinatrice
M. Steven JANSEN Institute of Botany, Ulm University Invité
M. Laurent BROCHARD Laboratoire Navier Co-directeur de thèse
M. Philippe COUSSOT Laboratoire Navier Directeur de thèse